Troubles du sommeil

Le sommeil est d’une très grande importance car il permet de réparer le corps, d’obtenir des performances physiques et de reformater le disque dur qu’est notre cerveau.

Les troubles du sommeil altèrent les capacités de récupération et engendrent des problèmes qui peuvent avoir des conséquences gravissimes.

Le ronflement (ronchopathie) mineur, s’il n’est pas dangereux dans l’immédiat, altère la qualité des tissus de l’oropharynx augmentant ainsi le risque d’arriver au stade beaucoup plus dangereux de l’apnée du sommeil.

Ronflements et Apnée du Sommeil

Les troubles respiratoires du sommeil sont extrêmement fréquents :

  • 1 adulte sur 4 ronfle régulièrement.
  • 2 à 4 % de la population adulte souffrent d’apnée du sommeil (1)

(1)Young, Peppard et coll. Epidemiology of Sleep Apnea
American Journal Of Respiratory and Critical Care 2002

Ces deux troubles ont la même origine : L’obstruction partielle ou complète des voies aériennes supérieures au niveau du pharynx.

Le ronflement provient de la vibration des tissus souples (luette, le voile du palais), sous l’accélération du passage de l’air. Cette accélération intervient pendant une obstruction partielle, ou suite à une obstruction complète des voies aériennes supérieures.

L’apnée du Sommeil

L’apnée du sommeil correspond à une interruption totale du flux respiratoire pendant plus de 10 secondes. 
Nous parlerons d’hypopnée, en cas de réduction de plus de 50 % de flux respiratoire pendant 10 secondes. Le nombre d’apnées et d’hypopnées, sur le temps de sommeil, exprimé en heure donne l’indice IAH. Si, cet indice est supérieur à 10 on parle, alors, de Syndrome d’Apnée Obstructive du Sommeil (S.A.O.S)
. L’apnée obstructive du sommeil est donc une forme sévère du ronflement qui aura évolué, notamment avec l’âge ou la prise de poids.

Le mécanisme du Syndrome d’Apnée Obstructive du Sommeil (S.A.O.S) :

Au cours du sommeil profond, il y a un relâchement musculaire, notamment au niveau du système mandicateur, ce qui entraîne un collapsus pharyngé qui ferme des voies aériennes supérieures du patient.

Quels sont les risques associés ?

Trop souvent, les problèmes de ronflement sont pris à la légère alors que ceux-ci peuvent cacher un syndrome d’apnée du sommeil.

L’apnée du sommeil est reconnue, aujourd’hui, comme étant un facteur majeur dans les maladies cardio-vasculaires, d’attaque cérébrale et dans des désordres métaboliques, comme le diabète.

Le saviez-vous ?



Les scientifiques estiment que les patients apnéiques non traités ont :

  • 2.8 fois plus de risque d’accidents cardio-vasculaires mortels
  • 2.4 fois plus de risque d’accidents vasculaires cérébraux
  • 2.9 fois plus de risque d’hypertension artérielle

Une étude (3) Suisse a montré qu’un apnéique non traité avait un risque jusqu’à 15 fois plus important d’avoir un accident de la route.

(3) Horstman S et coll. Sleep. 2000May 1 ;23(3):383-9

La fréquence du SAS est estimée à environ 10 % de la population masculine, avec une moindre prévalence dans la population féminine. Cependant, nous retrouvons ces proportions, également chez les femmes, après leur ménopause. Aujourd’hui, de nombreuses apnéiques ne sont pas conscients de leur maladie et cherchent à traiter les conséquences (fatigue, somnolence, dépression), plutôt que la cause : l’apnée du sommeil.

Comment savoir si je suis à risque ?

Les symptômes principaux de l’apnée du sommeil sont :

  • Un ronflement constant.
  • Une sensation de fatigue même après une nuit complète de sommeil.
  • Des hypersomnolences dans la journée (risque d’accident en voiture ou au travail).
  • L’obésité et/ou augmentation du tour de cou.
  • Des céphalées matinales.
  • Le besoin d’uriner deux à trois fois par nuit.
  • Des signes de dépression ou troubles cognitifs.

En cas de traitement par benzodiazépines de ces signes de dépression qui, en fait, n’en est pas une, la gravité de l’apnée du sommeil augmente !

Afin de différencier un syndrome d’apnée du sommeil d’une simple ronchopathie, il est nécessaire de faire une analyse, à l’aide d’un enregistrement du sommeil, par un spécialiste du sommeil, encore appelé somnologue. Aujourd’hui, il est possible de mesurer la présence d’apnées du sommeil dans un centre du sommeil ou, grâce à des appareillages simples et portables, à domicile et de quantifier ainsi la sévérité de la pathologie et des risques associés.

Un petit test d’auto-évaluation

Echelle de Somnolence d’Epworth

La probabilité de s’endormir est cotée de 0 à 3, selon le risque d’assoupissement :

  • 0= Jamais d’assoupissement.
  • 1 = Risque faible d’assoupissement.
  • 2 = Risque modéré d’assoupissement.
  • 3 = Risque élevé d’assoupissement.
ActivitéRisque d’assoupissement
Lors d’une lecture  
En regardant la télévision  
Assis, inactif dans un lieu public, en réunion  
Comme passager lors d’un trajet en voiture de plus d’une heure sans pause  
Allongé dans l’après-midi  
Assis, en discutant  
Assis, calmement après un repas sans alcool  
Dans une voiture immobilisée dans un embouteillage  
Total  

Un score >12 signe une somnolence pathologique

Le traitement

Il suffit de surfer sur Internet, pour se rendre compte du nombre de systèmes inventés pour traiter le ronflement et l’apnée du sommeil. Cela va du gadget, peu onéreux, à des systèmes de gouttières thermoformables que l’on peut fabriquer soi-même.

Un des problèmes de l’automédication, est qu’elle fait l’impasse sur le diagnostic de présence ou non d’apnée du sommeil.

En fonction de la cause de ronflement et de la sévérité du syndrome du sommeil associé, plusieurs types de traitements peuvent être proposés :

  • Un appareil de Ventilation par Pression Positive Continue (VPPC).
  • Un traitement chirurgical.
  • Une Orthèse d’Avancée Mandibulaire.

Aujourd’hui, pour les apnées du sommeil, le traitement de référence est la Pression Positive Continue.

Ce traitement est, malheureusement difficilement supportable pour certains patients. 30 % d’entre eux arrêtent de porter le masque pendant la nuit.

Les orthèses d’avancement mandibulaire (OAM) sont des systèmes simples relativement confortables et très efficaces dans la plupart des cas.

Une Orthèse d’Avancée Mandibulaire est un dispositif médical qui permet de maintenir la mâchoire inférieure en position avancée, pendant le sommeil. Cette avancée mécanique libère le passage de l’air au niveau du pharynx et diminue le phénomène d’obstruction.

De nombreuses études cliniques ont démontré l’efficacité des orthèses sur mesure, dans le traitement du ronflement et des syndromes d’apnée du sommeil léger et modéré (4). Cette efficacité se traduit par :

  • Une diminution de la somnolence.
  • Une moindre fatigue au réveil.
  • Une meilleure qualité de sommeil.

L’efficacité est immédiate, dès le port de la première nuit

Le consensus médical (5) reconnaît également les orthèses d’avancée mandibulaire, comme traitement de deuxième intention, pour des patients apnéiques sévères qui ne tolèrent pas la VPPC.

(4) Cistulli et coll Sleep Medicine Review 2004 8,443-457
(5) Schmidt-Nowara et coll Sleep 1995 Jul ; 18(6) :501-10

L’orthèses type ORM (Optimisation de la Retenue Mandibulaire) est une orthèse de nouvelle génération. Réalisée sur mesure, elle utilise des matériaux souples et confortables, permettant d’offrir aux patients un traitement efficace et peu contraignant.

Les orthèses d’avancement mandibulaire, pour être efficaces, doivent respecter des règles précises, comme la rétention, pour empêcher la mandibule de revenir à une position permettant le collapsus pharyngé. Seules, les orthèses réalisées de manière professionnelle peuvent complètement respecter les critères nécessaires à leur bon fonctionnement.

Au cabinet dentaire, nous vérifierons si toutes les conditions sont requises pour pouvoir porter une orthèse d’avancement mandibulaire. Nous serons en mesure également de sélectionner la meilleure orthèse en fonction de votre cas, de vos habitudes comme le bruxisme, par exemple.

Des empreintes, d’une extrême précision, permettront la confection de ses orthèses auprès de laboratoires spécialisés. Les réglages sur le degré d’avancement de la mandibule seront faits par le chirurgien-dentiste, spécialiste dans le domaine des traitements de l’apnée du sommeil, en collaboration avec le somnologue.

Pour les patients souffrant d’apnée, une deuxième analyse du sommeil sera réalisée durant le port nocturne de l’orthèse, afin d’évaluer l’efficacité du traitement.